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 Philippe Sarde

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Taboulez



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MessageSujet: Re: Philippe Sarde   Jeu 13 Jan - 2:15

kfigaro a écrit:
Merci encore beaucoup pour ce post détaillé, j'écoute ça dès que possible, j'en ai profité à l'instant pour sauvegarder l'interview de France Culture dans un fichier MP3 !
Au fait, tu as fini par l'écouter Montpensier, t'en as pensé quoi de ton côté ?
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kfigaro



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MessageSujet: Re: Philippe Sarde   Ven 14 Jan - 1:42

Non je n'ai pas eu le temps... j'essayerai vers la fin mars.
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Taboulez



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MessageSujet: Re: Philippe Sarde   Ven 14 Jan - 3:04

Ha ouais quand même... ça veut dire qu'il t'est impossible d'écouter de la musique avant fin mars ? Surprised dur dur
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Taboulez



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MessageSujet: Re: Philippe Sarde   Ven 18 Fév - 23:46

À l'occasion des césars, l'académie offre à (presque) chacun des nominés l'occasion de s'exprimer au cours d'une interview vidéo de 20 à 30 minutes.
Comme Sarde fait partie de la sélection pour Montpensier, il a eu droit à son entretien:
http://www.youtube.com/watch?v=F-1D4s0Yr8U

Bon, à mon sens c'est beaucoup moins pointu et donc moins intéressant que les récentes interventions radio auxquelles on a eu droit dernièrement, mais ça reste sympa.

Desplat aussi a eu droit à un entretien (y a juste à naviguer dans les vidéos associées), ainsi que tous les autres nominés sauf Coulais bizarrement.
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Taboulez



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MessageSujet: Re: Philippe Sarde   Mar 5 Avr - 0:29

kfigaro a écrit:
Non je n'ai pas eu le temps... j'essayerai vers la fin mars.
Alors ça y est ? Very Happy
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kfigaro



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MessageSujet: Re: Philippe Sarde   Mer 6 Avr - 19:15

Hé oui mais je n'ai toujours pas eu le temps non plus... peut-être en juin ? je ne sais pas... c'est une période hyper dure pour moi en ce moment (emphémisme !!).
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Taboulez



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MessageSujet: Re: Philippe Sarde   Mer 6 Avr - 23:53

Je te comprends, c'est vraiment pas terrible pour moi non plus depuis 2-3 mois Neutral (pas tant du point de vue du temps en réalité que du point de vue de tous les tracas qui me tombent dessus)...
C'est d'ailleurs pourquoi je n'interviens presque plus sur le net dernièrement, même si j'espère que tout ça va s'arranger dans quelques temps.


ps: apparemment la prochaine fournée universal devrait faire éditer pas moins de 2 CDs de Sarde d'un coup (+ 1 Jarre et 1 Legrand). Il va pourtant bien falloir que tu trouves du temps à y consacrer Very Happy
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kfigaro



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MessageSujet: Re: Philippe Sarde   Ven 8 Avr - 21:28

Taboulez a écrit:
Je te comprends, c'est vraiment pas terrible pour moi non plus depuis 2-3 mois Neutral (pas tant du point de vue du temps en réalité que du point de vue de tous les tracas qui me tombent dessus)...
Heureux de voir que je ne suis pas le seul (même si c'est une maigre consolation pour toi comme pour moi)... C'est vraiment terrible pour nous deux. Aujourd'hui j'étais vraiment dans les choux je dois dire... C'est un peu comme si j'étais revenu de tout, et le pire c'est que mes parents sont à des années-lumières de mes problèmes. Punaise, ces soixante-huitards, ils s'imaginent qu'on peut aborder la situation actuelle avec un mental des années 60-70 !

Taboulez a écrit:
ps: apparemment la prochaine fournée universal devrait faire éditer pas moins de 2 CDs de Sarde d'un coup (+ 1 Jarre et 1 Legrand). Il va pourtant bien falloir que tu trouves du temps à y consacrer Very Happy
Enfin une bonne nouvelle !! Wink ça remonte un peu le moral...
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Taboulez



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MessageSujet: Re: Philippe Sarde   Ven 8 Avr - 21:45

kfigaro a écrit:

Enfin une bonne nouvelle !! Wink ça remonte un peu le moral...

Et quelle nouvelle !
Zieute un peu ce qui sort là: http://www.underscores.fr/index.php/2011/04/le-printemps-d-ecoutez-le-cinema/

Ils sont fous ces Sorciers notamment Very Happy !
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kfigaro



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MessageSujet: Re: Philippe Sarde   Sam 9 Avr - 11:46

J'ai vu ! je n'acheterai pas (économies oblige) mais j'écouterai attentivement cela va sans dire Wink
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KIRIKOU



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MessageSujet: D'autres Airs De Famille...   Sam 14 Mai - 21:47

Bonsoir, je suis tombé par hasard (honte sur moi) sur votre forum (je cherchais en fait et en vain le tracklisting de l'album " le cinéma de Georges Lautner" ), et la joie que j'ai éprouvée à vous lire m'a décidé à vous rejoindre pour vous dire à la fois ma reconnaissance et mon bonheur d'avoir trouvé autant d'érudition et d'enthousiasme communicatif au service de cet étonnant homme de cinéma, et personnage fantasque qu'est Philippe Sarde. Je me réjouis dans mon coin en me livrant depuis des années à ce petits jeux des correspondances musicales, emprunts et autres transferts d'un film à l'autre qui émaillent la carrière du bonhomme, et lire autant de passion sous vos plumes respectives m'a transporté d'aise.
Moi qui ne poste jamais sur aucun forum, et ne suis pas particulièrement au fait des spécificités propres à Internet, je me risque donc à apporter pour ma première contribution à augmenter la liste entreprise il y a déjà longtemps de ces fameuses réminiscences "sardiennes" .
De nombreux thèmes de "Premiers Désirs" sont repris dans La Maison De Jade de Nadine Trintignant et servent de motifs narratifs au film de Jean Pierre Améris "Je m'appelle Elisabeth"
Le thème "Une âme aussi Fière que la vôtre" extrait de "La Princesse De montpensier" figurait déjà dans La fille des Collines, Poisson Lune, et le téléfilm de Nadine Trintignant "L'étrangère".
Le thème principal de "Sortie De Secours" est décliné dans L'ami De vincent.
Entre chiens et loups auquel Sarde apporta son concours à la dernière minute reprend des thèmes de K .
La B.O. de "Colette" reprend de manière intégrale à la note près celle de "Harem" D'arthur Joffé.
Le générique de l'invité Surprise reprend un thème secondaire de Violette et François, absent de la compilation éditée dans la collection Ecoutez le cinéma, et dont le crédit était porté à Hubert Rostaing.
Quant au thème du "Petit çarçon", il faut en chercher la trace (originelle?) dans "Une jeunesse" de Moshé Mizrahi, puis dans "La Garce" de Christine Pascal" et dans "Je suis vivante et je vous aime" qui offre des parentés avec les thèmes du Lieu du Crime et du Petit criminel, chaque fois réarrangés et réorchestrés de manière savante.
La pirate reprend le thème des Ailes de La colombe, Il Faut Tuer Bitgitt Haas celui du locataire, beau père reprend des phrases musicales de Hellé...
Aussi, afin d'écourter l'inventaire et ne pas décourager d'éventuels lecteurs, j'en terminerais avec deux questions:
Quelqu'un saurait-il me dire si La B.O. de La Travestie a été reprise dans le Mystère de la Chambre jaune et/ou si elle ne s'inspirait pas directement du Chat?
Y'a-t-il des passionnés fous furieux qui se sont amusés à dupliquer de VHS ou de DVD vers des cds, des extraits de ses compositions à ce jour inédites (chambre à part, le toubib, Hiver 54...) pour se faire leurs propres compilations? (et accessoirement, comment vous y êtes vous pris?)
Sinon, Le score de Montpensier me laisse toujours une sensation de puissance et d'étrangeté durable.
Pardon d'avoir été long et d'avoir abandonné les guillemets en cours de route..
Pensées Cordiales à tous.
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kfigaro



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MessageSujet: Re: Philippe Sarde   Dim 15 Mai - 22:26

Merci beaucoup et bienvenue ici Kirikou ! Wink je vais noter toutes ces nouvelles références en fin de la page 1 (là où figurent tous les emprunts sardiens et auto-citations).

Citation :
Quelqu'un saurait-il me dire si La B.O. de La Travestie a été reprise dans le Mystère de la Chambre jaune et/ou si elle ne s'inspirait pas directement du Chat?
Je n'en connais qu'un extrait (de "La Travestie") mais non, pas à ma connaissance.

Citation :
Y'a-t-il des passionnés fous furieux qui se sont amusés à dupliquer de VHS ou de DVD vers des cds, des extraits de ses compositions à ce jour inédites (chambre à part, le toubib, Hiver 54...) pour se faire leurs propres compilations? (et accessoirement, comment vous y êtes vous pris?)
Oui je l'ai fait ! Wink la qualité DVD est évidemment bien meilleure à celles des VHS vu qu'on peut (si l'on dispose des bons logiciels) récuperer directement le son numérique à la source.

Pour le faire, il faut utiliser des cables adaptés (RCA branchés en sortie du lecteur VHS) munis d'adaptateurs (RCA->mini jack par exemple), d'une carte avec une entrée son (sur Mac, elle est incluse d'office) et de logiciels d'éditions sonores de type Audacity afin de faire le montage et les retouches éventuelles, sans parler de logiciels (aujourd'hui illégaux) de récupération des fichiers sonores sur les pistes des DVD (sur Mac j'utilise par exemple des outils comme mAC3dec 1.6.3).

En tout cas merci encore pour ton érudition et au plaisir de te lire très souvent ici. Wink
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Taboulez



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MessageSujet: Re: Philippe Sarde   Jeu 19 Mai - 2:03

Super, un nouveau fan du talent Sardien Very Happy . Bienvenue Kirikou, et excuse un peu le calme plat qui règne actuellement sur ce forum.

Tout ça me fait penser qu'à l'heure actuelle vient de paraître la nouvelle fournée universal et j'espère bien mettre prochainement la main sur la fameuse et toute fraiche compile Sarde/Lautner Very Happy .

Sinon kfigaro tu as fini par écouter Montpensier ou toujours pas ?
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kfigaro



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MessageSujet: Re: Philippe Sarde   Ven 20 Mai - 14:25

Toujours pas, j'ai d'autres soucis pour le moment hélas...
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KIRIKOU



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MessageSujet: Re: Philippe Sarde   Mar 24 Mai - 9:53

Bonjour à tous, merci à kfigaro de ces précieux conseils et à Taboulez de son message de bienvenue; j'avais envie de vous demander par quel biais, à l'occasion de quel film ou à travers quelle composition , vous aviez fait connaissance avec Sarde. Et puis à lire le message soucieux de kfigaro, j'ai remisé mes priorités cinéphiliques. J'imagine qu'il est difficile de faire vivre un forum entre les obligations quotidiennes de chacun, le temps qui fuit et les problèmes personnels. Bon courage donc dans ces moments qui semblent difficiles et au plaisir de te lire très vite.
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Taboulez



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MessageSujet: Re: Philippe Sarde   Mar 24 Mai - 19:21

KIRIKOU a écrit:
j'avais envie de vous demander par quel biais, à l'occasion de quel film ou à travers quelle composition , vous aviez fait connaissance avec Sarde.
Personnellement les tous premiers travaux de Sarde que j'ai découvert furent Flic ou Voyou et Le Guignolo... Et pour tout dire sur le moment j'avais absolument détesté ces deux partitions (que j'avais trouvé très datées sur le coup, surtout à cause de l'harmonica du Guignolo en fait... pourtant d'ordinaire je n'ai rien à priori contre l'harmonica, mais c'est son traitement dans cette musique là qui m'insupportait). C'était même à un point que ça a failli me dégouter définitivement du compositeur, c'est dire !
Et puis des mois et des mois plus tard, j'ai eu l'occasion de visionner La Guerre du Feu et alors là cette musique démentielle fut un tel choc pour moi (c'est d'ailleurs une de mes 4 ou cinq partitions favorites de cinéma) que j'ai décidé de me plonger tête baissée dans l'oeuvre de ce compositeur... Je me souviens très bien également de ma découverte miraculeuse, peu de temps après, du chef d'oeuvre ravélien qu'il a composé pour Le Choix des Armes, un grand moment dans mon parcours de mélomane Very Happy ! Après j'ai enchaîné avec Ghost Story, Coup de Torchon, Sept Morts sur Ordonnance, Mort d'un Pourri, Le Locataire, Lord of the Flies, Nelly et Monsieur Arnaud etc... que de merveilles.
Et depuis c'est le grand amour Very Happy .
Même Flic ou Voyou ou Le Guignolo aujourd'hui je les écoute sans déplaisir (en fait excepté les passages à l'harmonica la partition du Guignolo est souvent superbe).

Bon après comme chez tous les artistes ayant beaucoup produit (et surtout produit des oeuvres aussi hétéroclites !) y a des partitions qui sont très en dessous de son talent, voir quelques unes qui sont complètement médiocres bien sûr.
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kfigaro



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MessageSujet: Re: Philippe Sarde   Mer 25 Mai - 13:19

Taboulez a écrit:

Même Flic ou Voyou ou Le Guignolo aujourd'hui je les écoute sans déplaisir (en fait excepté les passages à l'harmonica la partition du Guignolo est souvent superbe).
Pourtant l'harmonica peut être très beau, surtout le jeu de Toots Thielemans sur certains disques de Guinga ou d'Elis Regina par exemple, sans parler de "Salut l'artiste" de Cosma, enfin moi ça me touche.
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Taboulez



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MessageSujet: Re: Philippe Sarde   Mer 25 Mai - 14:47

Ha mais je l'ai dit, d'ordinaire je n'ai rien de particulier à l'encontre de l'harmonica (même si dans Salut l'Artiste son emploi ne me plait pas des masses non plus).
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KIRIKOU



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MessageSujet: Re: Philippe Sarde   Sam 28 Mai - 19:41

Etant venu à la musique de films par le cinéma et non par le disque, cinéphile avant d'être mélomane, c'est à l'adolescence, à une époque où les films d'Yves Boisset passaient encore à 20h30 sur les chaines nationales, que j'entendis pour la première fois une composition de Philippe Sarde. C'était pour le taxi mauve, film par ailleurs médiocre, mais longtemps son lyrisme ample et triste (incarné à son meilleur dans la plage "le récit de la maison Templar") m'a accompagné pour ne pas dire obsédé. J'avais beaucoup aimé également le thème du générique (qui était déjà celui du téléfilm de Santelli "Confessions d'un enfant du siècle" avec Sami Frey avant d'être repris un peu plus tard, sous une autre forme dans le Grand Meaulnes).
La néanmoins véritable rencontre avec Sarde, eût lieu comme il se doit au cinéma avec le premier film important que je découvris en salles Le Choix Des Armes. Et là ce fût le choc, la musique, inspirée, audacieuse, référentielle et bouleversante collait si magnifiquement à la mise en scène de Corneau qu'il occupat instantanément une des premières places de mon panthéon personnel.
Le meilleur était à venir, la découverte du Train, de l'adolescente, d'une histoire simple, de la guerre du feu, de Fort Saganne, du Choc, de Barocco, de coup de torchon.
Mon admiration était telle que je me rendais souvent sans désir pour le film dans la première salle obscure où figurait son nom au générique, ne serait-ce parfois que pour entendre quelques notes rares égrénées dans des productions souvent médiocres, indignes de son talent (notamment dans les difficiles années 90)
Sarde m'a initié à la diversité, aux mariages à priori contre nature entre des formations et des instrumentistes, mais ce que j'ai toujours aimé chez lui c'est son sens mélodique. Il n'est pas donné à tout le monde de laisser au spectateur un air dans la tête qui ne soit pas seulement une mélodie à siffler mais qui toujours se double d'une approche profondément émotionnelle et intelligente de la musique.
Quand je me pressais dans les rares boutiques spécialisées et dans les conventions, les salons du disque pour acquérir à prix d'or des vynils dont l'état aurait du me faire reconsidérer à deux fois ma volonté d'engager la dépense (mais la passion hein?...), mes vendeurs me disaient pis que pendre de lui : pompeur, négrier, même pas arrangeur ni chef d'orchestre, tous ne juraient que par Goldsmith, Jarre et Legrand. Sarde était considéré comme un compositeur très négligeable.
J'avais beau leur Objecter que Tout de même être le collaborateur (quasi) attitré de Sautet, Tavernier, Téchiné, Ferreri ne pouvait pas être dû qu'à un concours de circonstances , d'heureux hasards de carrière, en clair, qu'ils ne pouvaient pas tous avoir de la merde dans les oreilles, rien n'y faisait, je passais pour un original, un doux dingue qui ne connaissait pas grand chose à la musique.
Pourtant 25 ans plus tard, je le réecoute toujours abondamment, fréquemment, et souvent avec une émotion, certes différente, mais toujours bien réelle qui ne doit pas qu'à la nostalgie de l'adolescence ou à son talent qui s'est fait plus rare à entendre ces quinze dernières années.
Et malgré ce qui va suivre, je persiste à dire qu'il y a dans son travail beaucoup d'intelligence, de pertinence, de grandeur.
mais comme aimer quelqu'un ce n'est pas faire l'impasse sur ses défauts, de facon aveugle et inconditionnelle, mais d'essayer de l'aimer aussi pour ses défauts, ses outrances, ses filouteries, il me tenait à coeur aussi d'écrire ce qui va suivre, sans caractère polémique, ni retournement de veste, mais je me suis souvent demandé si j'étais le seul à nourrir à son endroit depuis une décennie une certaine méfiance, voire une certaine tristesse. Que les sardiens purs et durs qui ne supporteraient pas qu'on attaque le maître passent leur route. Je ne veux blesser la sensibilité ou la susceptibilité de personne, surtout sur un forum où s'expriment des aficionados.
Ces précautions oratoires étant prises, je me lance.

J'avais eu le projet de lui consacrer un livre d'entretiens qui ne se voulait en rien hagiographique, mais sarde, de par sa longévité créatrice, la somme de rencontres marquantes, de dialogues intimes avec de grands créateurs qui ont nourri son parcours (sarde demeure un pan de l'histoire du cinéma français) ajouté au respect et à la considération que je lui portais, me paraissait un excellent "sujet d'études". J'y ai renoncé de moi même sans tenter de l'approcher ou de rentrer en contact avec lui. parce qu'au fond de moi, je ne parvenais pas à me défaire de certaines pollutions qui brouillaient ma manière d'aborder son oeuvre.

Tout au long de ces dernières années, j'ai un peu changé d'avis sur sa probité, je ne crois pas très honnête de refiler à des metteurs en scènes les dix ou quinze mêmes thèmes qui ont fait sa gloire, même sous prétexte de réarrangements et de réorchestrations. Surtout quand nous les fans, nous achetons ses disques qui réservent de moins en moins de surprises pour ne pas dire des déceptions et que nous devons nous contenter d'un recyclage de thèmes, de motifs déjà entendus ailleurs, il y a longtemps ou moins longtemps;
Je ne crois pas très fin non plus de démarquer ou de pomper (on peut toujours dire s'inspirer) des thèmes classiques sans en faire mention. Le parrainage de grand ainés n'est en soi pas un problème, c'est la contrebande qui est problématique;
Des ombres planaient déjà un peu sur sa personnalité : je ne connais pas les raisons de sa séparation avec Polanski, mais ces deux là ne peuvent plus se sentir, et je mettrais ma main à couper que c'est avant tout pour des raisons de trahisons professionnelles qu'ils se sont éloignés.
Je m'étonne qu'il ne soit jamais cité par ses pairs sauf pour en dire du mal,jusqu'à lui dénier la qualité de compositeur, à rappeler son bataillon de collaborateurs (Savina, Rostaing,) dont on se plaisait gratuitement dans le métier à rappeler qu'ils étaient un peu plus que ses arrangeurs. N'ai je pas lu sur cinezik sous la plume de Pierre Jansen que Vladimir Cosma était son nègre au tout début des années 70? Ca ne doit pas être le seul, sans doute, est-ce une excuse?
Et puis j'ai le souvenir (plus que le souvenir d'ailleurs la bande enregistrée) d'un numéro de projection privée de Michel Ciment avec Sarde qui se concluait de façon surréaliste avec une écoute de sa dernière composition pour... l'appât de Tavernier, musique dont Tavernier lui même attribuait la paternité à Philippe Haim, futur cinéaste de secret défense, ET que Sarde reprenait à son compte en bredouillant des commentaires fumeux pour parler d'une musique que manifestement il n'avait pas écrite tout en soulignant son apport personnel important à l'atmosphère du dernier-né de Tavernier... ce que le pourtant très érudit Ciment ne songea à lui contester.

L'art de brouiller les pistes, Sarde connaît, l'art de se mettre en scène aussi. En interview il revendique plus de 300 compositions alors que sa filmographie ne compte "que" 200 titres et si l'on soustrait des thèmes voire des compositions intégrales qui ont servi de matrices parfois pour 6 ou 7 mêmes films, l'oeuvre est beaucoup moins considérable.
Quand on lit les livrets qui accompagnent les opus de la collection " Ecoutez le Cinéma", les témoignages recueillis abondent d'attaques à peine voilées sur le compositeur (voyou séduisant, personnalité fantasque à la limite de la mythomanie, tentatives multiples de "refourguer" des thèmes non originaux) on se doute bien que c'est aussi (surtout?) sa personnalité, sa folie douce, son non-conformisme qui les ont séduits. Parfois même plus que sa musique.
Alors quand Sarde explique qu'il cherche d'abord à investir l'univers d'un cinéaste pour nous donner à entendre d'abord la musique du metteur en scène, ce n'est pas très flatteur pour Polanski (qui doit donc avoir le même univers que Molinaro et Lautner) pour Téchiné , pour Heynemann, pour Lioret, pour Trintignant qui ont tous en commun le même univers musical.
Et quand je l'entends dire que tous les cinéastes sont morts, et qu'il n'y a plus de compositeurs, c'est tellement énorme (Yared, Desplat, Rombi me procurent aussi de très belles émotions, pour ne parler que de compositeurs français), volontairement et stérilement provocateur, ou plus tristement, révélateur d'un enfermement statufié et mélancolique de celui qui n'inspire pas la nouvelle génération et dont s'est détournée les réalisateurs confirmés encore en activité, que je ne sais plus si ses déclarations méritent encore d'être prises au sérieux.
Le "Montpensier" constitue un retour en force, l'un des seuls depuis 15 ans, mais je m'interroge sur ses futures collaborations, sur son avenir de compositeur.
Je l'ai tant aimé pour son talent et les nombreuses et durables émotions qu'il m'a données que celà mérite que je m'intéresse encore à lui, à son parcours, à son devenir.
mais le sentiment s'est peu à peu teinté de déception et si j'osais le mot de trahison. Mais on ne peut se sentir trahi que par ceux qui nous sont chers et qui donc nous importent encore. Et ça, ça ne peut pas faire l'objet d'un livre d'entretiens, mais peut être l'intérêt d'un post sur un forum de connaisseurs, qui me pardonneront je l'espère ces coups de canifs de toute façon bien inoffensifs au regard de leurs portées et de leurs conséquences.


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Taboulez



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MessageSujet: Re: Philippe Sarde   Dim 29 Mai - 20:15

Merci en tout cas pour cette longue intervention Kirikou, qui vient donner l'occasion de relancer un petit peu de conversation sur ce forum.
Attention tout de même à ne pas donner tant de crédit aux ragots, rumeurs et autres médisances qui ont toujours couru, et ce quelque soit le milieu artistique d'ailleurs, ce n'est pas propre à la musique ni à la musique de cinéma en particulier. Le tout après reste de savoir faire le tri par le réalisme (c'est à dire ne pas chercher à défendre l'artiste, mais simplement chercher l'exposition des faits et rien que des faits) et "l'expertise" notamment, c'est à dire dans le cas qui nous intéresse par l'écoute attentive, pour se rendre compte de ce qui peut-être fondé et de ce qui n'est pas cohérent dans ces rumeurs. Dans le même genre d'ailleurs, dans les années 80, aux USA y avait pleins de rumeurs médisantes infondées qui couraient autours de Morricone.
Sans compter que les compositeurs se sont toujours envoyé pléthores de vacheries de mauvaise foi et de petites piques fielleuses entre eux... Tiens, pour en rester dans le domaine des bandes originales, dans les années 60-70 demande un peu à Herrmann ce qu'il pense de Goldsmith et tu verras le résultat Razz . Demande un peu à Jansen aussi, ce qu'il pense de Morricone, c'est pas piqué des vers !

Attention également à ne pas commettre l'amalgame entre "arrangeur" et "orchestrateur" qui sont des termes qui n'ont rien de communs entre eux en réalité Wink .

En musique la composition pure et dure comporte grosso modo 3 ingrédients, la mélodie (l'écriture horizontale de la musique, avec ses extensions comme le contrepoints etc,...), le rythme, et l'harmonie (qui n'est autre que l'agencement des accords).
La mélodie, n'importe quel être humain lambda peut en inventer sans rien y connaitre de la musique et de la technique. Du coup ce n'est pas le gros du travail d'un compositeur bien au contraire ! C'est ce qui explique notamment qu'un gars comme Chaplin ait créé toutes les mélodies de ses films sans jamais rien connaître du métier de compositeur: il n'avait qu'à siffler une succession de notes (horizontales donc) ou improviser cette succession de simples notes sur son piano, puis confier tout le travail de composition à son arrangeur.

En revanche l'accord (l'écriture verticale de la musique: plusieurs notes simultanées) et plus particulièrement l'harmonie, c'est à dire l'agencement des accords (donc la matrice de la musique, au sens propre comme au figuré), là réside son véritable travail, celui qui demande maîtrise et connaissance, là réside le métier du compositeur quoi. Dans le genre Sarde a d'ailleurs reçu un enseignement de tout premier ordre au conservatoire puisque son prof d'harmonie n'était autre que Noël Gallon (qui fut également prof d'Olivier Messiaen, rien que ça Very Happy ), ce qui explique sans doute que l'ami Philippe demeure à ce jour l'un des plus grands maîtres de l'harmonie dans le domaine de la musique de cinéma (aux côtés de gens comme Jansen, Schifrin, Williams, Takemitsu ou quelques autres),... Car l'écriture harmonique de Sarde est hyper poussée ou travaillée (explorant les territoires modals alambiqués, impressionnistes ou plus loin encore dans l'atonalité).

Il faut savoir que le labeur d'un arrangeur consiste à retoucher l'harmonie, ainsi que le rythme et la mélodie... à transformer la composition en définitive ! Parfois la tâche de l'arrangeur va même jusqu'à créer intégralement l'harmonie (et le rythme) à partir d'une mélodie... en gros à réaliser tout le travail de composition (comme dans le cas de Chaplin) !

Sarde n'a jamais fait appel à aucun arrangeur, puisque c'est lui même qui s'est toujours occupé de la mélodie, du rythme et surtout (surtout !) de l'harmonie Wink . D'ailleurs quand on est assez familier de l'oeuvre du compositeur on reconnait immédiatement les formules harmoniques typiquement sardiennes, celles qui font que la patte, le style Sarde reste très identifiable pour nous autres amateurs de BO (tout comme le style Williams ou le style Takemitsu sont très identifiables).
Au travers ses diverses interviews et ce que l'on y perçoit de l'autoritarisme certains (bien que courtois) qu'il entretient avec son orchestrateur, on comprend combien notre homme ne pourrait tolérer que quiconque vienne s'amuser à retoucher l'harmonie de sa composition: à ce sujet je ne peux que te renvoyer à ce message là ( http://frenchsoundtracks.phpbb9.com/t2p345-philippe-sarde#3208 ) dans lequel j'ai reporté une bribe d'interview dans laquelle il explique sa maniaquerie à ce sujet.


À l'orchestrateur en revanche il est délégué la tâche suivante: le compositeur lui fournit sa composition, c'est à dire la grille/partition harmonique (et mélodique), et lui demande de confier l'exécution de certaines parties de cette grille à tel instrument (ou tel pupitre), d'autres parties de cette grille à tel autre instrument etc,...
Là encore c'est un peu plus compliqué que ça d'ailleurs. Il faut savoir qu'il y a des instruments (ou des pupitres) qui permettent certaines formules harmoniques alors que d'autres sont plus limités dans les accords qu'il peuvent fournir, ce qui implique que le compositeur ait pris en compte ces paramètres en amont, lorsqu'il écrivait l'harmonie de sa partition. Ce qui implique également qu'il connaisse les registres (les limites) harmoniques des différents instruments et pupitres auxquels il compte faire appel pour exécuter sa partition... En somme ça oblige très en amont le compositeur à envisager, à avoir une idée précise de l'orchestration qu'il va demander à son orchestrateur de fournir... En quelque sorte ça oblige le compositeur, celui qui écrit l'harmonie, à fatalement "pré-orchestrer" sa partition avant même de la confier aux mains de l'orchestrateur.
Dans le cas de Sarde par exemple, puisque c'est notre sujet ici, c'est ce qui explique qu'au cours des innombrables changements de collaborateurs qui parsèment sa carrière, le compositeur a toujours su conserver une couleur d'orchestration qui lui est propre, et ce à travers les formations les plus diverses et variées avec lesquelles il eut à traiter (orchestres chambristes sur certains scores, énormes effectifs symphoniques sur d'autres, simples solistes sur d'autres projets encore), notamment en ce qui concerne sa façon d'aborder les bois et les cordes (l'archétype sardien Very Happy !) ainsi que l'écriture pour ces instruments...
Sans compter le piano...

D'autant que dans le cas de Sarde, c'est encore un peu plus pointu que ça: dans ses partitions, toutes les idées ou initiatives d'orchestrations un peu originales ont toujours été de son fait, ont toujours émané de lui... qu'il s'agisse de l'harmonica de verre dans Le Locataire, de Wayne Shorter à qui il avait demandé de faire sonner le saxophone comme une bombarde dans Le Choc, de la formation "Cuarteto Cedron" pour Une Étrange Affaire, etc,...


Ceci dit je comprends les raisons qui amènent à faire l'amalgame relativement courant entre arrangeur et orchestrateur: depuis les années 60 notamment, dans le milieu de la musique pop en particulier, on a vu émerger nombre de groupes de musique, ou de soit-disant "auteurs-compositeurs" qui, n'ayant reçu aucun enseignement musical (solfège, harmonie plus ou moins poussée etc,...) ont fait appel à des arrangeurs pour pallier leurs faiblesses... En gros comme dans le cas de Charlie Chaplin qu'on évoquait précédemment, les groupes en question fournissaient la mélodie (ou dans le meilleur des cas une grille d'accords relativement succincte) et c'était à l'arrangeur de façonner l'harmonie du morceau et... l'orchestration.
Dans le milieu de la musique pour l'image, avec l'arrivée des synthétiseurs et des autodidactes bidouilleurs (tous les Moroder, Walter Warlos, Faltermeyer & co,...) il s'est produit le même genre de choses: comme ils n'avaient pas vraiment de connaissances techniques, lorsqu'il s'agissait de faire tenir debout leurs compositions ils ont du faire appel à des gens pour arranger (donc façonner l'harmonie) et orchestrer leurs mélodies.
Le paroxysme de cette logique étant atteint avec la musique de jeu vidéo: dans les années 80 la musique de jeu vidéo ce sont des bip-bip façon gameboy voir pire, puisque les capacités sonores des consoles sont hyper limitées. Du coup les gens qui sont chargés de créer les musiques de ces jeux sont principalement (à quelques exceptions près) des amateurs bidouilleurs qui n'ont pas beaucoup de connaissances techniques en musique. Là où le bas blesse, c'est qu'au fil des années les capacités sonores des machines de jeu ont progressé exponentiellement jusqu'à aujourd'hui permettre de jouer de la musique acoustique comme sur CD ou au cinéma... Et les bidouilleurs en question, qui sont toujours solidement en place depuis les années 80, se retrouvent bien embêtés et sont obligés de faire appel à des arrangeurs et orchestrateurs en tout genre afin d'harmoniser et déployer leur musique... car eux en sont incapables.

Tout ça ayant donc mené les gens à couramment faire l'amalgame entre arrangeur et orchestrateur... alors que les deux disciplines n'ont rien de commun en vérité.



Après, il reste le sujet des auto-citations, ces thèmes repris d'un film à l'autre, d'une oeuvre à l'autre... Et s'il est vrai que des gens aussi divers que Korngold, Herrmann, Rota, Legrand, Goldsmith, Cosma, Ifukube, Morricone, Horner, et plein d'autres y ont eu recours (et pas qu'une fois !), Sarde demeure certainement celui qui a le plus conceptualisé cette pratique.
J'ai l'impression qu'il a repris pour son compte une certaine tradition du monde de la musique depuis (au moins) 3 siècles: les arrangements et autres reprises constantes de morceaux pré-existants.
Que ce soit dans le monde de la musique classique avec les innombrables transcriptions piano de pièces orchestrales, ou inversement réalisés par les compositeurs eux-mêmes ou alors par leurs confères (certaines pièces de Debussy orchestrées par Ravel, Ansermet & co, Moussorgski orchestré par Rimsky etc,... et tous ces innombrables échanges inter-compositeurs au fil des siècles)... ou que ce soit dans le monde du jazz avec les échanges de thèmes permanents qui constituent l'une des caractéristiques avérées de cet univers là... J'ai l'impression que Sarde s'est dit qu'il pourrait utiliser le cinéma comme un vaste terrain ludique où il pourrait importer cette tradition du monde de la musique (tradition qui va d'ailleurs au delà du classique et du jazz que j'ai simplement pris en exemples).

Après je suis d'accord avec toi Kirikou, cette pratique de l'auto-citation utilisée à l'excès conduit parfois à des déceptions et il m'est arrivé à certaines reprises de me dire en découvrant une nouvelle partition de Sarde (sur disque ou dans un film), "ha mince c'est un thème que je connais déjà celui là" alors que j'espérais y découvrir de nouvelles mélodies. Et ça c'est parfois un peu dommage en regard du talent immense de ce compositeur (on aimerait pouvoir découvrir toujours davantage d'oeuvres 100% inédites de sa part Very Happy !).
D'un autre côté comme détaillé précédemment, un morceau de musique, c'est avant tout l'harmonie, le rythme et l'instrumentation,... la mélodie en elle même c'est quelque chose qui ne demande pas de travail, qui ne demande pas vraiment de composition. Or quand Sarde transpose un thème d'un film à l'autre il y transforme souvent radicalement l'écriture harmonique ainsi que l'intrumentarium qu'il convoque, donc ça reste une véritable création musicale... Et parfois ça donne des petits bijoux incontournables Very Happy !
Par exemple John Barry, de son côté, fait souvent l'inverse: il produit une nouvelle mélodie, mais avec grosso-modo la même harmonie et la même instrumentation que 50 autres morceaux qu'il a déjà composé auparavant, ce qui donne l'impression d'écouter toujours la même musique.
Chez Sarde au moins, entre Un Sac de Billes et Coup de Torchon on écoute deux oeuvres radicalement différentes ! Idem pour Lancelot du Lac et Le Choc,... Idem pour plein d'autres cas de figure,...

KIRIKOU a écrit:
N'ai je pas lu sur cinezik sous la plume de Pierre Jansen que Vladimir Cosma était son nègre au tout début des années 70?
La vérité est beaucoup plus simple et banale que ça: en 1969 Sarde a composé une chanson de radio ("La Route à Deux" je crois) interprétée par Michel Obadia et c'est Vladimir Cosma qui en avait signé l'orchestration Wink .
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MessageSujet: Re: Philippe Sarde   Lun 30 Mai - 11:42


En revenant ici par hasard afin de voir ce qui pouvait éventuellement évoluer sur ce forum,j'ai eu l'heureuse surprise d'avoir tant de lecture à lire d'un coup. J'étais parti avec l'idée de ne plus revenir mais voilà,les mots m'attirent sans doute,la passion des autres aussi...allez savoir!

Je crois que Taboulez a raison sur toute la ligne,une fois de plus,et bien que je ne puisse confirmer ou infirmer chacun de ses propos,notamment sur Sarde dont je suis peu spécialiste,(ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé),je sais qu'il a raison lorsqu'il affirme que des compositeurs comme le Français,puis,histoire dans citer d'autres,SCHIFRIN,GOLDSMITH, KILAR, HERRMANN,DUHAMEL,TAKEMITSU, WILLIAMS,SCHNITTKE, THEODORAKIS....oups! j'allais oublier MORRICONE....Quand tu connais le parcours d'apprentissage et d'étude de ces gars-là dont certains d'entre eux ont eu comme professeurs,des élites du genre,NADIA BOULANGER,OLIVIER MESSIAEN ,GOFFREDO PETRASSI,(bien que le talent ne se transmette pas,juste le savoir) quand tu vois ce qu'ils ont parfois ramé,jouant dans des clubs la nuit et étant un brillant élève le jour,se faisant la main,eux-mêmes, en tant qu'arrangeur-orchestrateur pour,par exemple, la Rai,etc...,il me semble difficile,voire malhonnête de douter de leurs compétences et de les exposer à des rumeurs et des ragots souvent suscités par un mépris jaloux ou ignorant.
Dans ce milieu comme dans d'autres,personne ne se fait beaucoup de cadeaux,les compositeurs non plus. Certains noms de la musique de film française n'ont pas été tendre avec SARDE mais il faut dire aussi que celui-ci n'est pas le dernier à casser ses collègues ni à tenir des discours très négatifs et pas forcément objectifs,d'ailleurs. Les rumeurs ont atteint la plupart des compositeurs et plus un compositeur est célèbre,plus il est exposé,plus il est sujet aux rumeurs...des rumeurs qui vont parfois au-delà de la musique...Il fut dit que Morricone eut une liaison amoureuse avec EDDA et Mireille MATHIEU! Rolling Eyes Quoique.... Very Happy

Plus sérieusement,ayons confiance en notre oreille,en notre sens de perception et d'analyse et laissons aux rumeurs la seule place qu'elles méritent: LES CHIOTTES!!! Personnellement,je ne leur accorde aucun intérêt car comme St Thomas,je ne crois que ce que je vois,ou plutôt,dans le cas qui nous intéresse ici,je ne crois que ce que j'entends,et ce que j'entends chez les compositeurs que nous avons cités,Taboulez et moi,ce sont des artistes qui ont non seulement une idée pointue de leur métier (ou art) mais aussi un savoir-faire (ou une maîtrise) indiscutable parce qu' avéré. Ils maîtrisent absolument tout dans le domaine de la composition. Les seules choses qu'ils ne maitrisent pas d'emblée c'est l'inspiration,le temps,la qualité des films et l'entente avec le réalisateur,voire les moyens dont ils disposeront,l'état de santé,autant de paramètres extérieurs qui vont leur être favorables ou défavorables.

Concernant les redites,c'est un peu comme les citations classiques,ce n'est pas forcément un problème en soi,en tout cas pas pour moi,à condition toutefois que ça ne devienne pas non plus un rituel. Puis,j'aime bien personnellement réécouter une mélodie que j'adore dans un nouvel habillage harmonique. Un compositeur peut avoir envie de retravailler un matériel ancien,lui offrir un nouveau traitement,voire une résurrection,qu'importe même les raisons qui l'ont poussé à le faire. Tant pis pour les petits fans que nous sommes et qui veulent toujours la lune. Very Happy Parce que nous pensons toujours que s"il le fait c'est forcément par facilité ou manque d'inspiration...Rien n'est moins sûr...Ca peut être la volonté du compositeur de vouloir redonner un nouveau souffle à un thème qui lui est cher ou aussi,comme s'est déjà arrivé plusieurs fois avec Morricone,une demande du réalisateur.


Dernière édition par SUN'JA le Lun 30 Mai - 13:31, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Philippe Sarde   Lun 30 Mai - 12:59

P.S: Je suis d'accord avec toi,Taboulez,lorsque tu dis que la mélodie,n'importe quel humain lambda peut en inventer sans rien connaitre de la musique ni de l'harmonie,mais n'oublions pas non plus que ce n'est pas tout le monde qui soit en mesure d'imaginer des mélodies dignes de ce nom,car il y a mélodie et mélodie. Personnellement,j'en invente chaque matin dans ma baignoire,et franchement,elles ne sont pas terribles au point que je n'oserais jamais les présenter à un arrangeur/orchestrateur....sauf lorsque je plagie sans vergogne Ennio Morricone ou Maurice Jarre. Wink
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MessageSujet: Re: Philippe Sarde   Lun 30 Mai - 22:31

Bien sûr, mon intervention sur les mélodies n'a absolument pas vocation à dénigrer les thèmes ou autres motifs, très loin de là,... c'était juste pour remettre en perspective le processus de composition et les données techniques.
Après j'ai beau être un amateur passionné de musiques atonales et expérimentales (donc souvent athématiques), il reste que j'aime au moins avec autant de ferveur les mélodies en tous genres bien évidemment (et pas qu'un peu Very Happy ) !
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MessageSujet: Re: Philippe Sarde   Mar 31 Mai - 17:17

Ooouuuf!!!!!! Voilà qui me rassure car moi-même,en cultivant un goût certain comme toi,et cela depuis pas mal d'années, pour la musique atonale, expérimentale,donc souvent athématique comme par exemple chez LUC BREWAEYS qui écrit une oeuvre presque idéale pour moi,j'avais peur de perdre mon goût pour des choses simples et "plus universelles". J'avais peur d'une trop grande sophistication de mon goût musical et de,par exemple,ne plus être sensible à une belle mélodie,même un peu sucrée (de toute façon,je ne suis pas jansénique ni diabétique)...Heureusement non,surtout lorsque je prends conscience du plaisir infini que me procure encore aujourd'hui une partition comme GIU LA TESTA.... Very Happy,un plaisir qui ne s'est jamais démenti depuis.
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MessageSujet: Re: Philippe Sarde   Mar 9 Oct - 13:43

Au fait, Kfigaro, je ne sais pas si tu avais fait gaffe, mais fin aout - début septembre Sarde était invité à France Inter pour une interview assez intéressante (il parle de Nougaro, ça devrait te plaire !), tu peux réécouter ça ici si tu l'avais manqué: http://www.franceinter.fr/emission-on-parle-musique-philippe-sarde
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