AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Les compositeurs de cinéma sont-t'ils "inférieurs" aux compositeurs classiques ?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
kfigaro



Messages : 1483
Date d'inscription : 30/06/2008
Age : 47

MessageSujet: Les compositeurs de cinéma sont-t'ils "inférieurs" aux compositeurs classiques ?   Mar 9 Sep - 16:53

Barry59 m'ayant gentiment reproché d'être trop élitiste, j'en profite donc pour lancer un débat récurrent et d'ailleurs débattu récemment avec maestria sur le forum de FSM :

http://filmscoremonthly.com/board/posts.cfm?threadID=48616&forumID=1&archive=0

j'en parle aussi en détail ici :
http://www.philoforum.fr/viewtopic.php?p=47391#47391

qu'en pensez-vous, le débat est-t'il définitivement vain et absurde ? Pour moi la musique de cinéma est tout à fait dans la lignée des musiques de scène ou de certaines musiques de ballet, voire même de la musique d'opéra "instrumentale", ou bien est-elle réellement plus "appauvrie" à cause des multiples compromissions d'ordre cinématographiques et esthétiques qu'elle doit subir quotidiennement ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://astore.amazon.fr/chet-21/
jm



Messages : 26
Date d'inscription : 09/08/2008

MessageSujet: Re: Les compositeurs de cinéma sont-t'ils "inférieurs" aux compositeurs classiques ?   Mar 9 Sep - 19:28

Pour moi la musique de film entretien avant tout un rapport étroit avec des techniques audio-visuelles ce qui la différencie nettement d'une musique écrite pour le concert ou la scène. D'ailleurs, je trouve que la plupart des concerts de musiques de films s'apparentent malheureusement trop à des concerts de musiques classiques. Celui qui a bien compris ça d'ailleurs, c'est Philip Glass qui a toujours eu le souci d'intégrer des dispositifs audiovisuels, parfois très complexes à l'intérieur de ses concerts; pour montrer justement que la musique de film avait son entité propre et entretenait un rapport avec l'image.

Sinon quand tu dis ceci, je suis tout à fait d'accord :

Citation :
cette histoire de supériorité formelle de la musique "savante" par rapport à la musique de film me semble souvent infondée, je pourrais citer des tas d'exemples mais une simple écoute même rapide du "Planet of the apes", d'"Alien" de Goldsmith ou de certains scores de Jansen, Schifrin ou Rosenman prouve à l'évidence qu'on trouve une véritable recherche formelle, soit sur le son, les timbres, soit sur la construction musicale ou l'architecture orchestrale

Dans son écriture, la musique de film peut bien évidemment s'avérer aussi avant-gardiste qu'une œuvre du répertoire contemporain.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
kfigaro



Messages : 1483
Date d'inscription : 30/06/2008
Age : 47

MessageSujet: Re: Les compositeurs de cinéma sont-t'ils "inférieurs" aux compositeurs classiques ?   Mer 10 Sep - 12:20

A mon sens, la musique de film partage avec la musique de scène (Beethoven, Grieg, Nielsen ou d'autres ont composés tout de même de grandes musiques pour le théâtre) une esthétique commune (générique en forme "d'ouverture", courts "climats" musicaux, éventuellement passages dansés ou chantés, thème de suspense, coups de théâtre, etc... la partition de St Saens pour "l'Assassinat du duc de Guise" s'inscrit d'ailleurs encore totalement dans ce schéma formel), bien qu'effectivement la technique sonore et le montage propre au cinéma l'ont forcement fait évoluer sur le plan technologique et même esthétique (en se métissant avec le jazz, voire le rock ou la techno, ou bien en étant montée d'une certaine façon comme chez Godard, voire en étant "mis en avant" plus que de coutume comme dans le "Danton" de Wajda, etc...).

Mais comme je l'ai expliqué avant : à talent égal (et comment douter du savoir-faire "classique" et traditionnel de musiciens ultra confirmés et "orthodoxes" comme Rodney Bennett, Prodromidès, Jansen ou Duhamel pour ne citer que ceux là ?), les musiciens de film auront tendance à être immédiatement sous-estimés pour la bonne et simple raison que leur art n'est pas assez "gratuit", qu'il est assujetti à un produit "commercial" et donc qu'il échappe à la sacro-sainte loi implicite de "art pour l'art" dès lors qu'il s'exerce pour le cinéma.

Un simple exemple récent ici par rapport à l'opéra d'Howard Shore qui illustre à merveille ma théorie :
http://resmusica.com/article_5572_scene_lyrique_the_fly_paris_mouche_coule.html
http://www.liberation.fr/culture/musique/336837.FR.php

comment expliquer par exemple un tel "misérabilisme" et une telle condescendance hautaine dans des propos comme : "The Fly s’apparente à un divertissement à l’américaine sympathique" ou "L’écriture vocale est encore plus pauvre : pas un «air» digne de ce nom. L’atonalité est un cache-misère quand prosodie, jeu des accents et des valeurs, sont à ce point négligés. [...] Seul un ténor, Jay Hunter Morris, nous fait douter de la maladresse absolue de Shore." si ce n'est qu'en remarquant surtout que Shore a un CV qui fait immédiatement "tache" dans l'univers ultra-constipé et "légitimiste" des amateurs d'opéra (forcement méfiants et ultracritiques), d'autant plus si c'est un chef avec peu d'expérience comme Domingo qui s'y colle... en fait de bonnes critiques auraient été extrêmement étonnantes tellement les amateurs et critiques classiques ("purs et durs" en tout cas) sont en général totalement stéréotypés dans leurs goûts ! (goûts qui oscillent entre le très "haut" et paradoxalement le très bas quand il s'agit de se "divertir", mais jamais rien entre les deux)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://astore.amazon.fr/chet-21/
jm



Messages : 26
Date d'inscription : 09/08/2008

MessageSujet: Re: Les compositeurs de cinéma sont-t'ils "inférieurs" aux compositeurs classiques ?   Mer 10 Sep - 16:05

kfigaro a écrit:
Mais comme je l'ai expliqué avant : à talent égal (et comment douter du savoir-faire "classique" et traditionnel de musiciens ultra confirmés et "orthodoxes" comme Rodney Bennett, Prodromidès, Jansen ou Duhamel pour ne citer que ceux là ?), les musiciens de film auront tendance à être immédiatement sous-estimés pour la bonne et simple raison que leur art n'est pas assez "gratuit", qu'il est assujetti à un produit "commercial" et donc qu'il échappe à la sacro-sainte loi implicite de "art pour l'art" dès lors qu'il s'exerce pour le cinéma.

Chez les gens du classique, la musique de film a souvent une mauvaise réputation c'est vrai. Il suffit de voir d'ailleurs le peu de place qu'on lui accorde sur les chaînes musicales. Sur France musique, il y a une émission le mercredi soir sur le sujet et c'est à peu près tout. Ils en passent aussi la nuit vers les 3h du matin. La plupart du temps c'est toujours à des heures peu accessibles.

kfigaro a écrit:
Un simple exemple récent ici par rapport à l'opéra d'Howard Shore qui illustre à merveille ma théorie :http://resmusica.com/article_5572_scene_lyrique_the_fly_paris_mouche_coule.html
http://www.liberation.fr/culture/musique/336837.FR.php

comment expliquer par exemple un tel "misérabilisme" et une telle condescendance hautaine dans des propos comme : "The Fly s’apparente à un divertissement à l’américaine sympathique" ou "L’écriture vocale est encore plus pauvre : pas un «air» digne de ce nom. L’atonalité est un cache-misère quand prosodie, jeu des accents et des valeurs, sont à ce point négligés. [...] Seul un ténor, Jay Hunter Morris, nous fait douter de la maladresse absolue de Shore." si ce n'est qu'en remarquant surtout que Shore a un CV qui fait immédiatement "tache" dans l'univers ultra-constipé et "légitimiste" des amateurs d'opéra (forcement méfiants et ultracritiques),

Cela dit pour avoir vu l'opéra au châtelet, je ne l'ai pas trouvé très inspiré non plus. la musique est assez monotone et sans grande originalité. La bo était bien plus intéressante. Là pour le coup, je trouve les critiques plutôt justifiées.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
kfigaro



Messages : 1483
Date d'inscription : 30/06/2008
Age : 47

MessageSujet: Re: Les compositeurs de cinéma sont-t'ils "inférieurs" aux compositeurs classiques ?   Mer 10 Sep - 16:21

Une anecdote amusante entendue cet été sur France musique qui confirme ce mépris latent ou qui ne dit pas son nom : dans une émission de l'après midi consacrée au langage des rues dans le vieux Rome, l'animateur a passé une romance populaire d'Armando Trovajoli (je ne sais plus le titre exact) en précisant bien avant : "je préviens nos auditeurs qui pourraient avoir un haut-le-coeur à l'écoute des arrangements originaux de la chanson qu'une version jazz suit heureusement immédiatement après" (sic !! Lol )
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://astore.amazon.fr/chet-21/
Taboulez



Messages : 310
Date d'inscription : 02/07/2008
Age : 31

MessageSujet: Re: Les compositeurs de cinéma sont-t'ils "inférieurs" aux compositeurs classiques ?   Ven 3 Oct - 21:04

Sur le forum d'underscores, j'ai été amené à poster un long message qui rentre parfaitement dans la problématique (malheureusement très générique) de ce sujet:
Citation :
Dark Vador a écrit:
il y a selon moi 5 à 10% de la musique de film qui mérite qu'on en parle, et je trouve que c'est déjà suffisamment le cas (livres, émissions radio, forums internet).
Quant aux éditions, j'aurais plutôt envie de pousser un cri de joie, des labels se démènent vraiment pour nous sortir des joyaux attendus depuis des lustres, ou de bonnes surprises!
Ensuite, le fait qu'un type ne sache pas que c'est Reinhardt Wagner qui compose les chansons de FAUBOURG 36, franchement qu'est ce qu'on peut en avoir à faire... Rolling Eyes Ce n'est pas un grand compositeur, de même que le film n'est pas un classique. Je veux dire, la musique de film (sauf exception) ça reste quand même une discipline assez "populaire", ne pas connaître son monde n'est pas signe d'inculture.
Et puis j'ai des amis amateurs de classique (au sens large) qui savent reconnaître la grandeur d'un Goldsmith (sur Patton) ou celle d'un Herrmann, ou encore celle d'un North (Spartacus). Mais selon eux, leur talent tient davantage dans la façon dont le film est musicalement illustré (exemple : le choix de Jerry pour Patton) que dans la qualité "intrinsèque" (pour ainsi dire) de la musique composée.
Voilà, j'ai donc passé mon coup de gueule contre les pousseurs de coup de gueule! Razz

Salut Dark Vador !
Face à cette intervention, je dirais tout de même qu'il ne faut pas généraliser et tomber dans la caricature Wink .
Je suis moi-même, comme d'autres ici (je suppose), un assez gros consommateur de classique (majoritairement fin XIXième/XXième/début XXIième siècle).
Comme l'a très bien fait remarquer kfigaro, tes amis, s'ils se penchaient sans aprioris (et dieu sait que c'est dur pour eux Wink ) sur de nombreux cas, se rendraient compte que la maîtrise et la modernité formelle ou bien l'originalité et l'inspiration, n'ont parfois rien à envier à pas mal de productions classiques de la même période.
Je dirais même qu'une oeuvre comme "The Thing from another World" c'est plus moderne, ou en avance que la plupart des travaux post-romantiques de certains grands compositeurs de l'époque comme Vaughan Williams, Copland, Barber, Prokofiev ou Chostakovitch (et j'irais même jusqu'à dire que ça aurait pas mal de choses à apprendre à du Chosta)...
D'ailleurs les oeuvres cinématograpiques d'Herrmann (et même son corpus classique d'ailleurs) ne retardent en rien sur ces mêmes compositeurs qui sont pourtant si respectés du public classique (et moi le premier Wink !)... Même si c'est clair qu'à la même époque les Webern, Varèse et les petits nouveaux comme Boulez et sa clique sont déjà passés à la génération suivante.
Une oeuvre comme le "Planet of the Apes" de Goldsmith s'inscrit, par ailleurs, en plein dans la même mouvance que bien des oeuvres de compositeurs contemporains oeuvrant à cette époque et reste même toujours plus moderne, aujourd'hui, que bien des chefs d'oeuvres de compositeurs comme Rautavaara ou Florentz (qui comptent parmi mes compositeurs préférés)... De même que des oeuvres comme "CE3K" (bien que cette dernière s'inscrive également dans un pluralisme lui faisant simultanément réusiter des langages plus anciens). Je me demande bien ce que tes amis penseraient également de partitions comme "Les Seins de Glace", "Peur sur la Ville", "Quelque Part, Quelqu'un", "Le Locataire" ou bien le "Danton" de Prodromidès... Et des exemples de la sorte il y en a des tas !

kfigaro faisait remarquer que les compositeurs classiques d'aujourd'hui et les compositeurs de cinéma sortent des mêmes écoles, mais c'est peu de le dire puisque ce sont souvent les mêmes compositeurs. Et il arrive souvent que leurs BOF fassent partie du tout meilleur de leur production:

- "Altered States" de Corigliano n'a absolument rien à envier au reste de sa brillante production pour le concert (les symphonies 1 et 2, "The Mannheim Rocket", le concerto pour piano,...)...

- "Scott of the Antarctic" de Vaughan Williams est exactement la même oeuvre que sa 7ème symphonie (simplement avec un "montage" différent): ce serait tout de même assez ridicule de penser que l'une est un chef d'oeuvre (ce qu'est la symphonie), alors que l'autre ne serait même pas digne d'être écoutée hors film (dixit la qualité "intrinsèque" dans ton message)...
Alors qu'il s'agit des mêmes thèmes, des mêmes harmonies, des mêmes orchestrations et souvent, de passages en tous points identiques... Du coup, pour l'argument assez bidon de "la qualité intrinsèque", on repassera (surtout que le XXième siècle s'est vu un peu comme l'avènement de mouvements de plus en plus courts dans les oeuvres classiques ! Donc l'argument de l'impossibilité d'un développement correct n'est pas des plus crédibles non plus... d'autant plus quand la dramaturgie d'une BO suit celle d'un film, ce qui nous assure par là même une authentique cohérence dans la progression !)

- La musique de film de Takemitsu est assez hétérogène, mais certaines de ses BOF sont tout aussi exigeantes que sa meilleure production classique (la BO pour "Hanare Goze Orin" par exemple), et même, dans de rares cas, encore plus !

- La musique de film de gens comme Arthur Bliss, c'est pareil... Et il y en a des tas des cas du même type (Gubaidulina,...).


Quand on pense, en plus, que certaines BOF de compositeurs comme Williams, Goldsmith, Sarde ou autres sont encore meilleures que "Scott of the Antarctic" (aka la symphonie no.7 de Vaughan Williams), ça revient à dire que les mélomanes classique mésestiment des oeuvres supérieures à certaines oeuvres classiques qu'il portent haut dans leur coeur Very Happy .

De toutes façons, il faut bien se dire que si le mélomane classique le plus exigeant, qui s'émeut aux larmes sur le "Prélude à l'Après Midi d'un Faune" (et il a bien raison: ce chef d'oeuvre est à chialer !), découvrait un jour que ce morceau a été écrit en réalité en 1986... et bien d'un seul coup, ce mélomane se mettrait à penser que c'est une oeuvre désuète d'arrière garde, le truc "post-neo" par excellence... et les larmes disparaîtraient comme par enchantement ! Ce qui est assez dingue puisque la composition resterait la même !
Mais ça donne juste une petite idée du genre d'aprioris qui régissent parfois leurs jugements de valeur...


Après si tu persistes à dire que les oeuvres de gens comme Silvestri, Newton Howard, McNeely ou Broughton (compositeurs parfois excellents et dont j'apprécie énormément certaines oeuvres par ailleurs !) ne sont pas à la hauteur de la production classique, là oui je serais assez d'accord avec toi,... Mais il reste bien des compositeurs de cinéma qui n'ont pas eu/n'ont pas grand chose à envier à leur contemporains du milieu classique (que ce soit dans la maîtrise et réutilisation brillante de langages anciens, ou bien dans l'inventivité qu'il ont à s'inscrire dans un langage contemporain de leur époque *).

En réalité, tout ça, c'est surtout un mythe généralement colporté (d'après ma propre expérience) par trois types de mélomanes:

- Les mélomanes du milieu classique n'écoutant que peu de BOF (donc superficiellement)... ou alors en écoutant pas mal, mais juste ce qu'il faut pour ne pas avoir à bousculer leurs aprioris (donc, paradoxalement, encore plus superficiellement Very Happy )

- Les Béophiles n'écoutant que peu de classique, et du coup fantasmant un peu sur la qualité/avance/originalité (même si de la manière la plus générale, elle existe bel et bien Wink ) que l'on trouve dans le répertoire classique !

- Des personnes issues d'une de ces deux catégories, mais n'ayant pas encore acquis une capacité d'écoute analytique suffisante (basée sur le langage, le rythme, les orchestration etc,...) pour pouvoir se rendre compte par eux même... ce qui n'est absolument pas un tort en soit par ailleurs ...


D'ailleurs Dark Vador, d'après ce que j'ai pu lire de tes messages, tu ne sembles faire partie d'aucune de ces 3 catégories (d'après un de tes messages tu sembles pouvoir, sans problèmes, reconnaître les influences du langage de Messiaen sur d'autres compositeur etc,...), donc mon seul souhait, ce serait que tu ne te fies qu'à ta propre opinion, purgée de toute forme de préjugés, puisque tu connais sans aucuns doutes 1000 fois mieux la BOF que tes amis Wink .



...Et là encore, avec tout ça, on a pas pu parler du corpus classique de gens comme Williams, Goldsmith, Waxman ou Morricone... Pourtant ça mériterait fort qu'on s'y attarde Very Happy !





* d'ailleurs tout ça ouvre de nouvelles voies pour un sujet sur le pluralisme musical inhérent à la BOF (ce qui permet, par exemple, de rendre beaucoup plus accessible la musique moderne au grand public: ce que font admirablement des gens comme Sarde ou Williams !), là où une oeuvre classique décide la plupart du temps d'être 100% spectrale ou 100% post-romantique ou 100% sérielle etc,...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
kfigaro



Messages : 1483
Date d'inscription : 30/06/2008
Age : 47

MessageSujet: Re: Les compositeurs de cinéma sont-t'ils "inférieurs" aux compositeurs classiques ?   Sam 4 Oct - 14:05

Merci beaucoup cher Taboulez, je te répond en détail lundi ! Wink
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://astore.amazon.fr/chet-21/
kfigaro



Messages : 1483
Date d'inscription : 30/06/2008
Age : 47

MessageSujet: Re: Les compositeurs de cinéma sont-t'ils "inférieurs" aux compositeurs classiques ?   Mar 7 Oct - 11:45

Taboulez a écrit:
Je dirais même qu'une oeuvre comme "The Thing from another World" c'est plus moderne, ou en avance que la plupart des travaux post-romantiques de certains grands compositeurs de l'époque comme Vaughan Williams, Copland, Barber, Prokofiev ou Chostakovitch (et j'irais même jusqu'à dire que ça aurait pas mal de choses à apprendre à du Chosta)... D'ailleurs les oeuvres cinématograpiques d'Herrmann (et même son corpus classique d'ailleurs) ne retardent en rien sur ces mêmes compositeurs qui sont pourtant si respectés du public classique (et moi le premier Wink !)
Tout à fait d'accord avec ta dernière remarque, je suis toujours étonné de la passion de presque tous les mélomanes classiques pour Chosta alors qu'ils ignorent généralement qu'à la même époque (ou presque), un Herrmann ou un Tiomkin allaient encore plus loin que lui dans l'audace orchestrale et l'innovation tout en restant dans une langue plus ou moins tonale (sachant que "The thing from another world" est franchement à l'extrême limite de la tonalité pour ne pas dire plus).

Taboulez a écrit:
... Même si c'est clair qu'à la même époque les Webern, Varèse et les petits nouveaux comme Boulez et sa clique sont déjà passés à la génération suivante.
Oui mais pour donner quoi ? qui écrit encore des partitions sérielles ou même purement "futuristes" (à la Varese donc) de nos jours ?

Taboulez a écrit:
Une oeuvre comme le "Planet of the Apes" de Goldsmith s'inscrit, par ailleurs, en plein dans la même mouvance que bien des oeuvres de compositeurs contemporains oeuvrant à cette époque et reste même toujours plus moderne, aujourd'hui, que bien des chefs d'oeuvres de compositeurs comme Rautavaara ou Florentz (qui comptent parmi mes compositeurs préférés)... De même que des oeuvres comme "CE3K" (bien que cette dernière s'inscrive également dans un pluralisme lui faisant simultanément réusiter des langages plus anciens). Je me demande bien ce que tes amis penseraient également de partitions comme "Les Seins de Glace", "Peur sur la Ville", "Quelque Part, Quelqu'un", "Le Locataire" ou bien le "Danton" de Prodromidès... Et des exemples de la sorte il y en a des tas !
Tout à fait ! je m'étais amusé à faire un début de liste sur un autre forum, ça donnait grosso modo quelque chose comme ça :

- Leonard Rosenman : La toile d'Araignée (la toute 1ère BO atonale)
- Vittorio Gelmetti : Sous le signe du Scorpion
- Gilbert Amy : L'alliance
- Jean-Claude Eloy : La religieuse
- Henze : L'amour à mort, Un amour de Swann (entièrement atonals)
- Mancini : The night visitor
- Delerue : Quelque part, quelqu'un
- Jean Prodromidès : Danton (atonal de A à Z), Sous le signe du taureau (atonal à 85%, score très court et totalement inédit sur tout support)
- Michel Portal : Le viol
- Lars Johan Werle : Persona
- Egisto Macchi : Mr Klein, L'assassinat de Trotski
- Ennio Morricone : Le syndrome de Stendhal, Ecce homo, Un Coin tranquille à la campagne, The thing (partiellement)
- Toru Takemitsu : La femme des sables, L'Empire des passions, Rikyu (intégrale dispo dans un coffret 6 CDs)
- Philippe Sarde : Le locataire, rêve de singe (dispo sur la compil "Le cinéma de Marco Ferreri")
- Claude Bolling : Un papillon sur l'épaule (theme abstrait, existe sur une compil consacrée à Lino Ventura - le CD est épuisé...)
- Karl-Heinz Schäfer: Polar (atonal à 85%)
- Ohana : Les dents du singe (uniquement sur un CD vendu avec un magazine, quasi introuvable hélas... la BO est basée sur des 1/3 de ton, vraiment étonnant)
- Penderecki : Je t'aime, je t'aime (dispo en intégrale sur la compil "Le cinéma d'Alain Resnais")
- Pierre Jansen : Le boucher et Le scandale (existe sur CD Milan : épuisé)
- Howard Shore : Le festin nu, Crash, Chromosome 3
- Eric Demarsan : Une affaire privée (à part la chanson titre, c'est totalement atonal)
- Quincy Jones : In cold blood (beaucoup d'expérimentations complexes et au final pas beaucoup de tonalité non plus)
- Patrick Mestral : L'argent des autres (très peu connu)
- Richard Rodney Bennett : L'imprécateur (à part un motif de valse sombre, c'est atonal de A à Z !)
- Korzynski : Possession (atonal à 95%, très expérimental et difficile d'écoute, totalement inédit sur tout support)
- Sakamoto : Derrida (très expérimental et difficile d'écoute, globalement atonal)
- Piero Piccioni - Cadavres exquis, Main basse sur la ville, Salvatore Giuliano (très dissonants et partiellement atonals)
- Antoine Duhamel : Méditerranée, Un condé, La question, La chanson de Roland (totalement atonal)

scores uniquement électro-acoustiques :
- Parmegiani : Les soleils de l'île de Paques
- Michèle Bokanowski : L'ange
- peut être certaines musiques "algorithmiques" de Pierre Barbaud (à creuser)

d'autres BOs étaient également citées :
- John Williams/Stomu Yamashta : Images
- Alex North : Dragonslayer
- Bebe et Louis Barron : Forbidden Planet
- Lalo Schifrin : Hellstrom chronicles, The fox (partiellement atonal)
- James Horner : Brainstrorm
- Elliot Goldenthal : Sphere, Alien3
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://astore.amazon.fr/chet-21/
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Les compositeurs de cinéma sont-t'ils "inférieurs" aux compositeurs classiques ?   Aujourd'hui à 12:33

Revenir en haut Aller en bas
 
Les compositeurs de cinéma sont-t'ils "inférieurs" aux compositeurs classiques ?
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Question bête : les films projeté au cinéma sont ils en HD ?
» Cherche possesseur de la carte "Le Pass" (cinéma gaumont)
» Faut-il être passionné ?
» [Question] Pourquoi changent-ils les voix dans les DVD ?!
» LES DIEUX ORIGINELS : Qui sont les "Primals Gods" : Noir, Azura et les autres... ?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forum non officiel de la collection “Écoutez le Cinéma” :: Forum en français :: Général-
Sauter vers: